mir malik sultan khan

"Sultan Khan est un génie !" José Raoul Capablanca
Mir Malik Sultan Khan (1905 à Mithka Thavana, Pendjab (actuel Pakistan) - 15 mai 1966 à Sargodha, Pakistan)
Sultan Khan a appris à jouer aux échecs indiens (Chaturanga) à l'âge de 9-10ans. Son maître le Colonel Nawab Sir Umar Hayat Khan, riche mécène, remarque son talent (tu m'étonnes…). Il faut savoir qu'à l'époque l'Inde est sous la domination de l'Empire Britannique et Sir Umar est alors un officier de Cavalerie dans l'armée du Roi d'Angleterre George V (jojo pour les intimes) et il est aussi seigneur (Maharaja) du Pendjab (l'actuel Pakistan).
Le Maharaja Sir Umar va alors décider de tester son serviteur dans le Championnat d'Inde de 1928 en lui apprenant entre-temps les échecs dits modernes…Sultan Khan survolera le tournoi (avec, tenez-vous bien, 2pts d'avance sur le second !)...En 1929, Sir Umar part vivre en Angleterre et emmène son valet avec lui...grâce à son pote jojo (George V), le Maharaja introduira facilement Sultan Khan au Championnat de Grande-Bretagne que celui-ci gagnera à la stupéfaction générale !
En 1933, une autre servante de Sir Umar (Miss Fatima) remportera le Championnat Féminin des échecs de Grande-Bretagne !!
Le palmarès de Sultan Khan (1929-1934)
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Champion de Grande-Bretagne en 1929-1932 et 1933
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Champion de l'Empire Britannique (n°1) de 1929 à 1934
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1er échiquier de l'Empire Britannique aux olympiades de Prague (1931) et Folkestone (1933)
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Tombeur entre autre de Capablanca dit L'Invincible (Champion du Monde de 1921 à 1927) à Hastings en 1930/31, de Rubinstein dit Le Magicien, de Tartakower, de Flohr, de Maroczy, de Yates ainsi que de la grande Vera Menchik...
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Les échecs modernes et les échecs indiens (Chaturanga)
Ce qui différencie les échecs modernes et les échecs indiens (Chaturanga) c'est que dans le jeu indien:
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Les pions ne peuvent avancer que d'une seule case à la fois et ce même dans l'ouverture.
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La promotion d'un pion sur la 8ème rangée se fait automatiquement par la pièce appartenant à la colonne de ce pion (exemple: les pions sur la colonne (a) et (h) donneront toujours une promotion en Tours, les pions sur la colonne (c) et (f) donneront toujours des Fous, sur les colonnes (d) et (e) ce sera en Dames, etc.)
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Les 64 cases sont de la même couleur ! Pas de cases noires et blanches, mais un plateau unicolore.
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L'Eléphant remplacent le Fou et le Conseiller ou Vizir remplace la Dame
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Le Roi (ou Rajah) est toujours à la droite et la Dame à sa gauche.
Pour le mouvement des pièces (Vizir, Eléphant, etc.) je vous conseille l'excellente page de >>> Ludoteka !
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Qui est donc cet homme d'origine indienne flanqué d'un turban sur la tête et ayant appris à jouer aux échecs modernes que très récemment et qui plus est…est obligé (ne sachant ni lire ni écrire) d'avoir un assistant pour marquer ses coups sur sa feuille de parties ? Juste un génie de passage...et quel génie ! A-t-on entendu une seule fois le Grand Capablanca dire qu'un tel était un génie aux échecs excepté pour Sultan Khan ? Jamais ! C'est dire…
Sultan Khan ne sachant pas lire et étant complètement au service de Sir Umar (du moins jusqu'à la mort de son maître en 1944), est parfaitement étranger à toute les théories sur ce jeu moderne et sur les débats d'idées qui portent sur l'approche romantique, scientifique (=> Steinitzienne) , ou encore hypermoderne…un esprit libre que voici…la force du génial Khan réside dans le milieu de jeu et dans les finales, phases dans lesquelles il excelle ! Encore faut-il survivre au stade de l'ouverture…
Dans chacune de ses parties (comme contre Sir Tylor, photo ci-dessous), Sultan Khan découvre et redécouvre en permanence les échecs et ses principes.

Sultan Khan avec les noirs contre Theodore H. Tylor (Worcester 1931). Sous l'oeil attentif de Sir George Thomas (à l'extrême gauche) Champion Britannique en 1923 et 1934.
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Sa célèbre partie contre le génial cubain !
Sultan Khan - José Raoul Capablanca, Hastings (1930)

Partie analysée et commentée
Sa partie contre Capablanca rappel le jeu pratiqué par Tigran Petrossian ou encore Anatoly Karpov comme le souligne fort justement Dennis Monokroussos dans un article publié sur Chessbase. Le Chaturanga mène à un jeu moins dynamique que les échecs modernes et c'est ce qui a sûrement influencé le style de Sultan Khan. Sa technique est impeccable, son jeu est cristallin. Il étouffe petit à petit l'adversaire à la manière d'un Boa Constrictor, à la manière d'un Karpov…
Il retournera avec son maître en Inde en 1933 et on n'entendra plus jamais parler de lui…Le monde des échecs perd en 1933 un joueur d'une classe à part ! :-(

Une étoile filante nommée Sultan Khan apparaît sur la scène internationale en 1929, brille de milles éclats pendant 5 années et disparaît en 1933 laissant derrière elle, stupéfaction et surtout admiration…
Interrogations et légendes
Est-ce par jalousie que Sir Umar Hayat ne lui donna plus jamais l'autorisation de jouer aux échecs et ce même en Inde alors qu'il savait pertinemment que Sultan Khan faisait alors partie de l'élite mondiale ?
On sait que Sultan Khan décèdera le 15 mai 1966 au Pakistan, très pauvre et délaissé par sa famille, dans sa petite ferme léguée par son maître. Alors que son génie et le fait d'appartenir à l'élite mondiale lui auraient permis d'acquérir (par rapport au niveau de vie indien de l'époque) une véritable fortune de retour à son pays !
Dans son livre "A passion for Chess" Reuben Fine décrira un banquet (que donna Sir Umar en l'honneur de la victoire américaine aux Olympiades de 1933 à Folkestone en Angleterre) où Sultan Khan fera son apparition pour servir le dîner...et Reuben Fine dira plus tard "nous nous trouvâmes dans cette situation singulière où nous fûmes servis à table par un Grand-Maître des échecs"…(source >>> WCN).
Des rumeurs émergèrent du Kashmir en 1951 et qui disaient qu'en regardant les parties du match du Champion du Monde de l'époque une personne du village (ressemblant fortement à Sultan Khan) lança : "ça doit être deux faibles joueurs pour jouer de la sorte…". Etait-ce Sultan Khan ? Rumeurs, rumeurs...
Autre anecdote sympa d'Ismail Sloan : au début des années 60, quelqu'un repéra la maison de Sultan Khan près de Lahore (au Pakistan) et décida de lui rendre visite. Une fois sur place, il trouva Sultan Khan assis avec des amis à l'ombre d'un arbre et fumant la "hookah" une sorte de narguilé. Sultan Khan lui proposa de jouer une partie d'échecs à l'aveugle, invitation que le visiteur déclina aussitôt !
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Dans sa brève carrière Sultan Khan aura joué quelques 131 parties…
Toutes les parties de Mir Malik Sultan Khan >>> ici
Un livre sur Sultan Khan : "The Best Games of Mir Sultan Khan" de R.N. Coles (publié à Londres en…1964)
Sources principales de cet article :
- The British Chess Magazine, revues divers…
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Sources divers sur le Net (dont Wikipedia)
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« Ce que tu veux, cherche-le en toi-même car tu es tout » Najm ud-Din Razi

