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"le principe des 2 faiblesses"

 

 

Parce que trop souvent une seule faiblesse ne suffit pas à faire rompre la défense adverse!

 

Le fait de posséder un avantage, aussi important soit-il, ne décide pas pour autant de la partie. Votre adversaire vous demandera d'en faire la démonstration sur l'échiquier, de lui "prouver" (voir diag.3) que vous êtes gagnant.

Votre adversaire veut une preuve? Le principe des deux faiblesses peut vous aider à lui en fournir une!

 

Illustrons ce principe :

Partie modèle: Botvinnik-Zagoriansky ( Sverdlovsk 1943)

 

image 1

La cible: le pion isolé en d5

(diag.1) Position après 14...Da5

 

Nous entrons dans le milieu de partie. Les deux camps doivent dresser un plan pour la suite des opérations, qui doit être en rapport avec les exigences de la position. Ici, les noirs ont un pion isolé en d5 qui est l'élément principal à dégager de la position. Le plan des blancs va consister à récupérer ce pion, il nous faudra donc dans un premier temps pointer nos forces sur cette cible. Le plan des noirs peut être soit la défense de ce pion (défense passive), soit le sacrifice de ce pion dans la recherche de contre-jeu (défense active).

Le plan général des blancs est donc: gober ce pion en d5!

La cible: le pion d5!

A l'aide de questions simples, qui découlent du bon sens, dressons quelques objectifs pour y parvenir:

Est-ce que l'adversaire va me donner le pion? (il y a fort à parier que s'il n'y a pas de compensations évidentes pour le pion sacrifié, l'adversaire ne lâchera rien!) donc, a priori, la réponse est non.

remarque La notion de faiblesse permanente est très importante pour l'exploitation du pion isolé qui va suivre. En général, vous devez lorsque vous attaquez un pion isolé chercher à contrôler la case se trouvant devant ce pion, que ce soit en occupant celle-ci ou à distance, à l'aide d'une pièce. Cela dans le but de ne pas donner à l'adversaire l'occasion de se débarrasser de sa faiblesse.

Illustrons cela:

Imaginons le parfait débutant jouant dans la position du (diag.1) 15.Dd2 offrant ainsi l'échange des Dames. Après l'échange de celles-ci 15...DxDd2 16. CxDd2 s'en suivrait la poussée 16...d4! qui donnerait la position suivante:

 

image 1

une cible mouvante!

(diag.2) Le scénario à éviter

 

Comme vous pouvez le constater la cible (qui se trouvait en d5) se trouve maintenant en d4. Autrement dit, il s'agit d'une cible mobile! Si vous échangez ce pion les noirs n'auront plus de pion isolé au centre, donc plus de faiblesse à défendre...Si vous décidez de jouer e4 dans le diagramme, alors il vous faudra régler de nouveau votre artillerie sur le pion se trouvant cette fois-ci en d4 (au passage le Fou en e2 ne pourra plus être de la fête étant donné que la cible est maintenant sur une case noire...). Avouez qu'il n'est pas facile de viser une cible mouvante!

Vous l'aurez compris, pour attaquer efficacement une faiblesse (gober un pion par exemple) il faut au préalable s'assurer que l'on a bien fixé la faiblesse en question.

Ce que fera Botvinnik dans la partie avec maestria (pas Champion du Monde pour rien notre ingénieur diplômé en électricité...).

 

Revenons à la partie (diag.1):

15.Tfd1 Tfd8 16.Td2 Td7 17.Tad1 (Botvinnik fait plus qu'attaquer le pion d5 en doublant les Tours il visse la case d4, la garde sous son contrôle afin que la faiblesse en d5 reste une faiblesse permanente et une fois que toute l'artillerie disponible sera pointée sur la cible et donc en position, il donnera l'assaut!) 17...Tad8 18.h3 h6 19.Ce5!? (proposant l'échange du Cavalier actif en c6 et libérant la case f3 pour le fou afin d'accroitre la pression sur le pion d5) puis après une série de coups on se retrouve dans la position suivante:

 

image 1

1er objectif atteint ! Et après?

(diag.3) Et maintenant kessdonk je fais?

 

Les blancs ont vissé la case d4, ils assiègent le pion d5, mais les noirs sont toujours dans la partie. Pas très coopératif l'adversaire, d'où un ch'tit problème... C'est là qu'entre en jeu le principe des deux faiblesses. Comme la faiblesse en d5 ne suffit pas à gagner la partie nous allons tout simplement en créer une seconde!

Botvinnik joua (diag.3) 25.g4! (la nouvelle cible est toute trouvée pour lui se sera son altesse en g8). 25...Dc6 26.g5 hxg5 27.Dxg5 f6 (pour parer la menace Th4 et Dh5) 28.Dg6 (les noirs occupés à protéger passivement la faiblesse en d5 assistent presque impuissant à l'assaut des blancs sur leur monarque), et la partie s'acheva par la victoire des blancs quelques coups plus tard...1-0

Pour visualiser la partie dans son intégralité >>> ici

 

Attention! La notion de faiblesse est à prendre au sens large. Il peut s'agir d'une diagonale que vous pourriez exploiter avec le couple dame-fou par exemple, une case à envahir, une menace sur le roi etc.

remarque Tout ce qui peut préoccuper votre adversaire, lui causer des soucis, peut être considéré comme "faiblesse".

 

Exemple #2:

image 1

La notion de faiblesse aux échecs, une notion large

(diag.4) La faiblesse une notion large...

 

Dans le (diag.4) la préoccupation majeure des noirs consiste à parer le mat en g7 ou en h8, pour cela la pièce la plus puissante de l'échiquier, la Dame, occupe cette tâche ingrate. Comme nous l'avons dit plus haut:

 

Un avantage, aussi important soit-il, ne décide pas pour autant d'une partie, encore faut-il concrétiser cet avantage.

 

L'avantage important que confère le contrôle total de la diagonale a1-h8 n'apportera pas, hélas, la victoire sur un plateau (en tout cas pas tant que la Dame noire restera en f8 à veiller aux cases g7 et h8...). Vous savez donc qu'il vous faut trouver une autre faiblesse afin de faire plier la défense adverse! Faiblesse à trouver ou à défaut à créer.

Dans le (diag.4) le pion b7 est effectivement une faiblesse mais l'attaquer avec la Dame reviendrait à renoncer à la diagonale a1-h8 et ainsi à libérer la Dame noire de sa tâche défensive plus qu'ingrate. Ne libérez surtout pas le fauve si vous avec une pensée pour votre pauvre Roi en h2! Surtout pas...N'oubliez pas que ce qui peut préoccuper l'adversaire, lui causer des soucis, peut être considéré comme une faiblesse. Alors pourquoi ne pas lui créer un nouveau souci en se créant un pion passé à l'aile-dame!

1.a4! Fd6 2.a5 Fc5 3.a6 bxa6 (si 3...Fxb6 simplement 4.axb7 Fa7 5.Dc8 +-(sur 4...Fc5 on réalise une promotion du pion en b8, la Dame noire étant retenue vous vous souvenez à une tâche ingrate à l'aile roi...)). 4.b7 Fd6 5. Dc8 Rg8 les noirs ne se laissent pas faire...

 

image 1

Quand tous les chemins mènent à Rome...

(diag.5) Une histoire technico-tactique...

 

Pour "transformer l'essai" il y a la voie technique (6.Ff6 et 7.Dh3-h8#) et la voie tactique (6.DxDf8 RxDf8 7.Fa3! Le clouage du Fou assurant la promotion du pion b7).

Les blancs ont pour résumer:

  1. 1/ Gardé "le fauve en cage" (la Dame en f8 à une tâche défensive).
  2. 2/ Créé un pion passé sur la colonne b, source de souci supplémentaire pour les noirs.

 

Conclusion:

 

 

une autre partie sur le même thème Voici une autre partie Shirov-kinsman à visualiser et que l'on retrouve dans le livre (pour joueurs confirmés) que je vous recommande fortement bien qu'en anglais "Positionnal Play" de celui que l'on ne présente plus Mark Dvoretsky (dont j'ai eu l'immense privilège d'assister à une session d'entraînement avec des espoirs français à Montpellier) et Arthur Yusupov. Le titre de la partie pourrait s'intituler "un coup à gauche (le pion b7), un coup à droite (la colonne g)".

 

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«  Ce que tu veux, cherche-le en toi-même car tu es tout  » Najm ud-Din Razi